• Partie 5 [Camilo x Graham]


    Samedi 17 Avril à 11:44
    Corrosif

    [Graham]

    J'ai dû me battre sérieusement dans la voiture de Camilo pour ne pas m'endormir. C'était quelque chose que j'avais depuis petit. C'était surtout un mécanisme de défense. La voiture me rendait parfois malade, jamais au point de vomir mes tripes quelque part, mais suffisamment assez pour me mettre K.O. Et du coup, je dormais. Cette fois, la route n'était pas assez longue et sinueuse pour m'atteindre, alors c'était plus facile de ne pas s'endormir. Même si c'est toujours agréable de s'assoupir et de se faire bercer.

    J'ai attendu que la voiture soit complètement à l'arrêt pour défaire la ceinture et me ruer dehors. J'avais laissé mon tablier sur le siège que j'avais occupé jusque là sans réellement y penser.

    Une fois à l'extérieur, j'avais été surpris par le vent qui s'élançait sur les docs. Mais ce n'était pas les docs qui m'intéressaient. Il y avait bien la pente plus loin qui nous permettait d'accéder à la plage sans effort, mais c'était beaucoup trop tentant de sauter d'ici. Oh, la chute n'avait rien d'impressionnante, elle faisait presque ma taille. Une fois sur la plage, je jubilais du sol qui s'effrondrait avec douceur sous mon poids. J'ai relevé la tête vers Camilo, en lui pointant la pente un peu plus loin.

    " - Tu me rejoins ou tu restes planté là ?"

    (Sinon comment va ? :D)

    Samedi 17 Avril à 12:11
    Yayaaa

    (Ça va bien merci :D Mon autre RPG avance doucement mais sûrement, juste des fois il y a tellement de trucs à dire que je me noie dans le flux d'information mais c'est la rue hein x') Et toi ? Comment ça va ?)

    [Camilo]

    J'aimais bien être au volant. Il y avait une démarche dans le fait de conduire que je trouvais adoucissante, voire sédative. Oh, attention, m'endormir au volant, il fallait pousser quand même. L'action en elle-même qu'est de conduire est chiante. Juste tout ce qu'il faut entreprendre pour pouvoir conduire, c'est assomant: le Code à payer, les leçons de conduites derrière... Au bout du tunnel, quand on est assis au volant, c'est être en surcis : on va d'un point À à un point B, mais le segment au milieu est ce qu'il me plaît. La paix, voir les paysages défiler aussi.

    La voiture garée, j'ai fait attention à ce qu'elle soit bien garée, bien fermée, qu'il n'y ait pas de lumière ouvertes ou quoi parce que je ne vous raconte pas la galère pour redémarrer une voiture quand elle est à court de batterie. Il restait le tablier en boule de Graham, une vision qui m'a fait sourire. Ahaha, on n'était pas vraiment pareil lui et moi. 

    C'est seulement après avoir vérifié que tout était en ordre que j'ai rejoint le garçon qui lui, n'a pas traîné. Son impatience était charmante, comme lui en fait. C'était vraiment quelque chose quand même. Il devait avoir ses vices comme n'importe qui, mais ça ne l'empêchait pas de susciter un intérêt pour tout. Ce qui peut être dangereux, mais dans ce contexte là c'est charmant.

    Pour sûr je ne lui ressemblais pas sur ce point. Je préfère jouer la carte de la sûreté. Alors je me suis abaissé au petit rebord, et m'en suis décollé doucement pour atterrir sur le sable.

    “-Je ne suis pas aussi aventurier que toi.” dis-je sur le ton de l'humour.

    Samedi 17 Avril à 12:59
    Corrosif

    (Ouiii !! J'ai vraiment hâte de voir ce que tu vas nous pondre du coup !! *^* Et moi ça va, du coup je suis en vacance je profite !)

    [Graham]

    Je l'ai regardé faire, les mains sur les hanches, avant d'écarter les bras laissant le vent souffler sur mon visage.

    " - Je te battrai facilement à la course si c'est ça."

    Ce qui était relativement peu facile étant donné que je ne courrais jamais, et que pour ce que je pratiquais de sportif...

    J'étais quand-même content de voir la mer. Je venais souvent ici durant cette période de l'année, ou l'automne aussi. Deux périodes fraiches, et où personne ne venait jamais. J'ai commencé à regarder autour de moi. Il y avait de vieilles algues échouées et sèches, des bouts de verrres et des bouteilles d'alcool intactes. J'ai fais signe à Camilo de me suivre. Lorsque nous étions plus proche de l'eau et loin des docs, il n'y avait que du sable et quelques coquillages troués. J'en profitais pour retirer mes chaussures, mes chaussettes, glisser portable et porte-feuille dans la semelle pour les cacher des autres et les protéger du sable et de l'eau. Je retroussais mon pantalon, juste en dessous du genou. J'avais la peau pâle sur les jambes, mais c'était à prévoir quand on ne sort peu, et jamais avec des pantacourts. J'ia jeté un coup d'oeil à Camilo, le sourire aux lèvres.

    " - Tu connais le chemin, mais est-ce que tu viens souvent ici ?"

    Je ne connaissais que des petits bouts vagues de Camilo, qui ne se connectaient que par des liens très fins. Le reste du personnage m'était parfaitement inconnu. Alors, lui, pour ce qu'il devait savoir de moi. Malgré tout, nous voilà, sur la berge de ce qui me tenait énormément à coeur : la mer et les rares souvenirs qui me restaient.

    Samedi 17 Avril à 14:38
    Yayaaa

    (Oh pour le coup je pense que l'univers pourrait te plaire oui ! Yes les vacances, profite pour te reposer et tout ça :))

    [Camilo]

    Je n'ai réfuté qu'un petit “ah” comme réponse. Je ne sais pas si je peux m'en vanter mais je l'ai déjà vu courir. Courir après moi ? Ahaha, intéressant. 

    Il fait toujours plus frais sur les côtes maritimes. Le vent maritime a la réputation d'être glacial quand il s'acharne. Mes poils se dressaient tous en réaction à la brise qui venait de souffler à l'instant. Je ne portais rien de plus qu'un jean et une chemise, avec mes petites mocassins aux petons. Si le vent soufflait plus fort que ça, je n'allais pas faire long feu. Ah ! Manquerait plus que j'attrape froid deux fois de suite tiens. Et l'ironie dans tout ça: à cause de la même personne.

    Je l'ai suivi, en regardant ce mouvement régulier des vagues qui montaient sur le sable, puis redescendaient en laissant ses trésors: des algues, des coquillages... Le son que la mer faisait, c'est agréable...Rien ne pourrait déranger un tel calme. 

    Je le fixais, se laissant aller à l'eau. Du moins ses pieds pour le moment. C'est ces petits gestes simple -et mignon, faut qu'on se le dise que je trouvais agréable à regarder chez ce Graham.

    J'ai fermé les yeux un instant, pour mieux pouvoir sentir le vent qui soufflait, la mer qui chantait.

    “-Non, pas tant que ça.”

    J'y allais surtout pour le boulot, pas que je jette des gens par dessus les docs. Même pour moi c'est trop cruel. Une famille qui ne récupère jamais le corps d'un proche.

    Samedi 17 Avril à 14:45
    Corrosif

    (Clairement ! x') Et oui j'ai hâte de voir ton RPG :D)

    [Graham]

    Les mains sur les hanches, je regardais longuement Camilo puis la mer derrière moi. Ce point net où l'horizon et la mer se reflétait et s'esquissait l'un à l'autre.

    " - Je ne vais pas te proposer de nager, à moins que tu ne veuilles frôler l'hypothermie pour le coup."

    En plus, Camilo m'avait l'air d'avoir la chair de poule. J'ai plissé les yeux, amusé de la situation.

    " - Si tu as si froid tu peux prendre mon tablier, je crois que je l'ai laissé dans ta voiture. Hm, il est petit mais si tu le met sur tes épaules c'est au moins ça."

    Nos tabliers avaient le mérite d'être épais, alors contre le froid c'était pas mal fonctionnel. Je le savais à force de batifoler dans la chambre froide pour échapper à Russo. Les yeux rivés sur Camilo, j'ai hésité un long moment avant de laissé échappé :

    " - Si tu me cherche, tu peux généralement me trouver là, si je ne suis pas à La Luce."

    Samedi 17 Avril à 15:37
    Yayaaa

    [Camilo]

    J'ai secoué la tête, malgré sa délicate intention. 

    “-J'aime vivre dans le danger.” lui répondis-je espiègle.

     

    Oh, si je douillais face au vent, je n'étais pas digne de faire ce dans quoi j'étais engagé. Métaphoriquement, on a toujours le vent en pleine face dans la mafia. Oh, et j'ai aussi peut-être un petit peu d'égo. Un tout petit peu, peut-être. 

    Mais bon, si vivre dans le danger pour vous c'est vous exposer au vent frigide sans y être préparé, je tiens à vous dire que vous serez à l'abri toute votre vie. 

    Je détaillais les expressions de son visage, dans ma tête, en les décomposant comme une suite logique mathématique complexe. Les hommes étaient complexes à la même échelle pour moi, voire plus. 

    C'est quelque chose de personnel qu'il me confiait là. On était loin du moment où l'on s'échange les numéros de téléphone, encore plus loin de celui où on s'invite chez l'autre, mais me dire où je peux le trouver, ce n'est pas rien.  

    C'est peut-être même l'une des seules chose que je sais à ton sujet, Graham. 

    Je ne savais pas quoi faire de cette information. La lancer dans un coin de ma tête et l'effacer n'est pas ce que je veux faire. 

    J'hochais la tête, en souriant. Puis je regardais face à la mer. Maintenant que j'y pense...

    “-Tu dois particulièrement tenir à cet endroit du coup.”

    On ne se réfugie que dans des endroits familiers. C'était mon cas pour le Hazard.

     

    Samedi 17 Avril à 15:44
    Corrosif

    [Graham]

    Je lui ai lancé un regard espiègle, le sourire aux lèvres. J'ai répondu en hochant la tête, fixant l'eau qui s'étendait à perte de vu. Oui, j'y tenais beaucoup. C'était pas l'endroit le plus beau, il y avait des mers bien plus belles et des plages beaucoup plus blanches et immaculées, mais j'y tenais beaucoup. Je connaissais tous les recoins de cette plage et loin à l'horizon.

    " - Tu as peur de la mer ?"

    Pour moi, avoir peur de la mer était quelque chose de bien plus fort qu'avoir peur de la mort. Je craignais surtout l'agoni et la douleur qui l'accompagnait plutôt que la mort et l'après. Mais la mer, l'océan, c'était une peur terriblement viscérale. Et justifiée, d'ailleurs. C'était ici que je me sentais particulièrement vivant, aussi. Il n'était pas rare de me croiser là parce que c'était l'endroit où je pouvais échapper à mes épisodes lorsqu'ils devenaient beaucoup trop durs à gérer. Il fallait craindre la mer pour l'apprécier, pour se garder en sécurité, comme apprendre les moindres faits et gestes d'un tigre pour savoir lorsqu'il va vous donner un coup de patte. Hm, un peu comme avec Camilo.

    Samedi 17 Avril à 16:03
    Yayaaa

    [Camilo] 

    Rester debout a fini par être contraignant pour moi. Je devais me faire vieux -ahah non pas du tout. Alors je me suis assis sur le sable, en tailleur. J'étais bien plus à l'aise comme ça qu'autrement. Et, j'ai le sentiment que c'est quelque chose que je pouvais me permettre avec Graham. 

    J'ai émis un long râle en entendant sa question, comme s'il avait touché une corde sensible. Au fait, ça en était une. Une corde au beau milieu du vide qui pouvait me faire chavirer si on l'a remué un peu trop fort.

    “-Un tout petit peu ?” 

    J'illustrais la quantité avec mon index et mon pouce, en les rapprochant légèrement l'un de l'autre.

    Ça m'a un peu fait gloussé parce que la vérité c'est que j'ai peur de la mer. Pas une peur démesurée au point d'en être phobique -la thalassophobie je crois, mais suffisamment pour m'en tenir à l'écart. C'est peut-être une des raisons pour lesquelles je ne tuerai jamais personne en le balançant dans la mer. Ça, au moins, je pouvais comprendre. Mourir dans le fond de l'océan, c'est effrayant.

    J'entourais mes bras autour de mes jambes, en joignant mes mains entre elles. J'attrapais le poignet de l'une de mes mains avec mes doigts, l'enroulant fermant. La mer...

    “-J'ai peur de ce que je ne connais pas. Comme tout le monde, tu me diras. Mais la mer, c'est le fait de savoir qu'elle est toujours, et toujours plus profonde qu'on ne le pense.”

    Samedi 17 Avril à 16:14
    Corrosif

    [Graham]

    J'hochais la tête en buvant ses paroles. J'ai pointé mon index vers l'horizon, persuadé qu'il suivait du regard ce que je montrais.

    " - Regarde."

    Je me doutais qu'il n'avait pas tourné les yeux ailleurs du point que je lui avait montré. Avec mes mains, j'imitais le plafond du sable et celui de l'eau.

    " - Si j'avançais dans l'eau, j'aurai pied pendant plusieurs mètres. Cependant, si je ne fais pas attention, il y a une gigantesque crevasse là-bas. Le sable s'est comme effrondé. Bien sûr, si tu glissais, tu as bien plus de chance de flotter que si tu sautais d'une falaise. Mais si tu crains la mer, le résultat est le même. Tu sais nager ?"

    Ce point où le sable chutait à pic me terrifiait. C'était la limite parfaite entre l'eau blanche, claire et bienveillante qui faisait tourner les rouleaux de sable et de coquillages, et celle qui t'avalait et te maintenait au fond avec la détermination d'une mère effarée. Elle engloutit tout si on ne fait pas attention.

    " - Tu fais bien de craindre la mer. Il y a quelque chose qui me terrifie avec la mer."

    Un peu comme avec toi, Camilo.

    J'ai finis par tourner les yeux vers Camilo, avant de marcher à reculons dans la mer. L'eau froide me tirait une grimace, la morsure était saisissante.

    " - Si je reste sur la berge, comme maintenant, je n'ai rien à craindre. Et puis c'est agréable."

    Comme discuter avec toi.

    Je me suis arrêté. Si je continuais, une dizaine de mètre plus loin, il y avait la crevasse. Bien plus profonde qu'une ou deux piscines superposée. Je savais qu'elle était là, et qu'elle me terrifiait. Je savais nager, on me l'avait appris. Ca fait partie des rares activités que l'on n'oublie pas.

    " - Si tu as réellement peur, tu ne connaîtras rien de la beauté que peut offrir l'océan. Si tu n'es pas assez prudent, tu vas te noyer. Il faut trouver un juste milieu."

    Je lui ai adressé un sourire, les mains sur les hanches.

    " - Je ne le connais pas parfaitement, mais je sais nager."

    En gros, laisse moi passer un peu plus de temps avec toi. Maintenant que tu sais où me trouver. Je ne peux pas te chercher dans les endroits dangereux que tu côtoie, mais je peux t'atteindre sur la berge où on ne crains rien. J'ai cruellement besoin d'un ami.

    Samedi 17 Avril à 17:05
    Yayaaa

    [Camilo] 

    La mer, un grand mystère pour moi, pour nous tous. Je détestais ne pas savoir dans quoi je mettais les pieds, tout comme avancer dans le noir. Tout comme essayer de rester à la surface de la mer sans fond. Au moins, en sachant qu'elle peut être intrépide, je sais que je n'irai jamais plus loin que ce que je ne connais pas. 

    J'obéissais à ce qu'il disait, et son explication m'a procuré des frissons terribles. Ugh, une crevasse. Elle était d'autant plus angoissante que là, la délimitation entre les deux mondes était visible à l'oeil nu. Pas de là où je suis, surtout que je suis assis, mais quand on est dedans...

    À la question de nager, je répondais par un oui, pris dans son explication. Nager, c'est une des prérogatives à tout. On l'apprend quand on est enfant, où on nous force à l'apprendre. Comme si on finirait tous par se retrouver dans le déluge de l'océan, et qu'à ce moment, il faudrait savoir aviser. 

    J'ai failli avoir le réflexe de l'empêcher de d'avancer plus loin. Je buvais ses paroles à la petite cuillère là. Il venait de me dire qu'une crevasse résidait un peu plus loin, à attendre que le premier venu ait le courage de s'en approcher, et lui avançait quand même. Le tableau était beau: Graham, force douce qu'il me semble être, au pied de la mer si vaste.

    Je l'ai écouté, silencieux après ce qu'il venait de dire. Je voyais où il voulait en venir, dans l'idée. Ne pas être conscient de la crevasse, quelques mètres plus loin, c'est de la folie pure. Elle ne marque qu'une délimitation à ne pas franchir, en revanche elle laissait libre champ à tout ce qu'il y avait derrière. Tant qu'on ne dépassait pas la berge, on ne craignait rien.

    J'étais du genre à rester sur la rive moi. En revanche, si un jour on me disait que cette crevasse serait le seul endroit sûr sur Terre, j'envisagerai d'y aller. 

    “-Et si un jour tu décidais d'aller au delà de la crevasse ? Oh, ça ne serait pas du tout raisonnable, et j'espère bien pouvoir t'en empêcher si une idée pareille te traversait l'esprit.” 

    La deuxième phrase, je l'ai dit sur l'humour, mais je voulais qu'il réponde à la question cependant.

    Oui, voilà. C'est ça. Évidemment, la profondeur de l'océan m'effraie. Et je préférais regarder de loin que de m'aventurer en terre inconnue -mer inconnue. Mais de la même façon que ça me rebutait, il y avait une dimension qui me fascinait, et que je jalouserais presque. Pouvoir aller par delà du monde qu'on connait, pour découvrir un autre berceau, différent. La crevasse m'attirait autant que la berge me tenait en laisse.

     




    Ce sujet est verrouillé. Vous ne pouvez donc pas poster de nouvelles réponses.