• Partie 7 [Caleb X Daniel]


    Jeudi 11 Juin à 23:08
    Mégalo2

    [Or]

    - C'est donc là que tu as vécu pendant plus de six ans, Caleb ? C'est vraiment laid. Tu n'as pas bon goût.

    Buh... C'est vraiment répugnant, ce mauvais goût pour les couleurs. Du bleu sur le mur, et du rose pâle sur la canapé, un lit vert et des armoires grises, on est où là ? Eh bien...

    A Desmios. Ahaha, cette ville, non seulement elle était merdique, mais en plus de cela ses citoyens avaient des goûts de merde. Enfin bon, ça ne m'étonne pas. Je vivais plus trop ici, j'suis partie me caler dans la ville d'à côté, et Dieu! comme c'est différent. 

    Caleb lève les yeux au ciel, et il soupire, lâchant un petit rire. Huh, ce type, avec ses manières et sa gentillesse dégoulinante, j'adore. Mais je ne sais clairement pas comment il fait. Moi, j'aurais tout saccager depuis fort fort longtemps.

    Il me dit que l'on doit fouiller, mais fouiller quoi ? Visiblement tout. Il me dit que dés que je trouve un objet bizarre, louche, étrange, singulier -et tous les synonymes qui vont avec-, je lui montre. Bon, à Desmios, y'en a beaucoup des trucs louches, mais je vois ce qu'il veut dire : drogue, objet de famille, vêtement à style particulier, armes de luxes, un parfum, un bijoux... J'étais plutôt doué pour dénicher ces petits trucs. 

    Alors, je me mets à fouiller, et j'y vais pas de main morte. Je jette tout par terre, je déniche tout, je regarde tout de prêt, de loin, de revers et de travers, à l'endroit, de face et de profil. J'analyse tout. Et y'a pas grand chose, à part... Des fringues de mauvais goûts. Huh, non mais sérieux, le gars qui porte ce tee-shirt déchiré, il pense avoir du style ?

    Nous fouillons tous les deux. En vain. Des heures et des heures. Il n'y a rien. Et je ne comprends pas pourquoi il s'attarde sur ce gars. Déjà, il est gay, et c'est un truc qui m'a abasourdit : ce gars avait chaque semaines une nouvelle fille dans sa vie, je ne me faisais pas à l'idée qu'il aimait un garçon. Enfin bon, c'est son cul, pas le mien. Cherche à savoir qui est le heureux élu, il ne s'est jamais montré ! 

    Vendredi 12 Juin à 01:06
    Yayaaa

    [Daniel]

    J’ai repris le cours de ma vie, après cet incident. Bien sûr que oui, j’ai repris le cours de ma vie. C’est ainsi que je fonctionnais: peu importe le nombre de fois où j’étais mis au tapis, il me suffisait de me relever, de continuer ma route. Je ne pouvais compter que sur moi-même, je l’ai toujours su. 

    Mon poignet était redevenu comme neuf deux heures après le départ de Caleb. Deux heures après seulement.  J’ai flippé. Comment c’était possible ? Comment ? J’aurais dû mourir dans cette ruelle. Je n’étais pas mort, ok. Mon entorse aurait dû prendre des jours, boîtes des semaines à disparaître. Ça ne m’en avait pris que deux, ok. Avec tout ces évènements, j’étais persuadé que mon cœur ne battait plus. J’étais peut-être un zombie depuis des années.

    J’avais repris la tête du gang, quelques jours après. Nombreux étaient choqués, j’étais mort. Les rumeurs le disaient, du moins. Quand on me posait des questions, je feignais le miracle. J’avais eu de la chance, oui. Officiellement. En réalité, je me rappelle encore de la sensation de mes intestins qui sortaient de l’immense de mon estomac, et de la terrible douleur que je ne souhaiterais à personne. Bref, les affaires avaient repris son cours. 

    Je faisais ma petite enquête de mon côté. Je n’impliquais pas le gang dans mes histoires, je refusais catégoriquement. J’avais toujours une fierté bien trop grande, et je refusais d’impliquer quique ce soit dans mes affaires personnels. Sauf une personne.

    Après tout ça, je suis devenu très proche de Leland. Je ne sais pas comment ça s’est fait. Mais c’était arrivé, au moins. Bon, ne nous voilons pas la face: je lui ai fait vivre l’enfer, avant que je finisse par le supporter. Il était prêt à m’aider, et j’avais fini par accepter. Mais c’était sans plus. Pas de marques d’affection, rien. Je n’étais pas affectueux. 

    Je l’ai invité chez moi, pour qu’on rassemble les quelques preuves qu’on avait trouvé ces derniers mois. Il était trop bavard, sans déconner...Mais au moins il m’aidait, il ne posait pas de questions. Ça m’allait.

    Je me suis stoppé devant le pallier de la maison. Il y avait un truc qui clochait. Je le sais, parce que j’ai un délire, avec ma porte. Enfin bref.

    Leland me regardait, la tête sur le côté.

     "-Y’a quoi ?"

    "-Chut, ta gueule." ai-je murmuré.

    J’aime pas les mauvaises surprises. Il y avait quelqu’un dans mon appart. J’ai fixé Leland. On se comprenait du regard, on avait pas besoin de parler. Il hochait la tête, tandis que j’ouvrais doucement la porte de l’appartement. Avec la plus grande discrétion. 

    Puis, une fois à l’intérieur, je récupérais mon arme. C’était le bordel complet. Un voleur ? C’était fréquent ici. Mais moi, j’étais le mec qu’on ne volait pas. 

    "-Je sais pas qui t’es mais si tu dégages pas de tout de suite —"

    Puis en voyant la personne devant moi, je me suis figé. Quoi ? Leland m’a lancé un regard. Il m’avait dit qu’il lui avait parlé, brièvement. Il a baissé son arme le premier.

    "-Hé, mais j’te connais !" s’est-il exclamé.

    J’ai baissé mon arme quelques secondes après lui. Oui. On se connaissait, à un moment. Un peu.

    "-Caleb..." 

     (Je vais dodo !)

     

    Vendredi 12 Juin à 01:41
    Mégalo2

    [Or]

    J'entendais des gens parler fort. Putain mais dans cette ville, rien ne va : même la bonne séance et les bonnes manières, c'est compliqué pour eux. Bon, ok, nous sommes rentrés chez ce mec sans son autorisation, mais quand même. Ils peuvent éviter de gueuler comme des tarés.

    Comme je suis culotté et que je m'en bas la race de toutes ces sous-merdes à la vie piètre (hormis Caleb quand même, j'ai un peu d'estime pour lui), je sors de la cuisine, une tablette de chocolat dans les mains, la dégustant savoureusement.

    -Mmh, quoi enco...?

    Je stoppe net. Je regarde Caleb. Je regarde les deux interlocuteurs. On se regarde, Caleb me regarde, je les regarde, tout le monde se regarde; mon chocolat (enfin, celui que j'ai piqué) tombe par terre.

    -Putain, attend QUOI ?

    Leland me fixe. Ok, Leland, à la rigueur, je m'en branle. Mais... Mais...

    -Daniel DARHK ? Putain mais, CALEB, bordel de Dieu ! DANIEL DARHK, ARF.

    J'ai fait mine d'être dégoûté, j'ai jeté son chocolat à la con par terre en crachant le reste. Bordel, c'était une plaisanterie ? 

    - T'avais TOUTE LA PUTAIN DE TERRE pour tomber amoureux de n'importe qui, et tu tombes sur ce...Sur... Ce... Cette...

    Je le pointe du doigt, parce que je sais ô combien ça l'énervait, mon dédain. Il ne supportait pas ça, Daniel. C'est un peu pour ça qu'il me tabassait sans arrêt, aussi.

    - Huh... Ce truc... Mais, arf, j'ai touché ses fringues ? Pitié, désinfectez moi. 

    Je fixe Leland, répugné par sa présence au côté de cette créature ovniesque qui ne mérite que de se faire euthanasier d'urgence.

    -Et toi, alors, t'as pas eu les couilles de partir de son groupe de merde ? Il te traite comme un chien depuis le début bordel, mais vous avez des couilles ou pas ? Bordel, ça fait dix ans les gars, dix ans que vous restez au service d'une putain comme lui, à l'écouter dire des conneries et à vous tabasser si vous n'avez pas ramener son pain du jour.

    J'attache mes cheveux. Leland, il est vraiment trop con, mais je lui en veux pas. Il est un peu comme Caleb, trop sympathique, trop aimant, et il adorait Daniel. C'était pour lui "un ami". Mais contrairement à lui, il était un peu trop docile. 

    Ah, comment on se retrouve, Daniel ? J'écrase ses vêtements, et je m'approche de lui. Je le fixe, tout sourire, avant de lui cracher à la gueule. Ouais ouais, un bon gros cracha des familles, comme ça. Cette pourriture ne méritait que ça.

    Caleb s’énerve soudainement, et me demande ce qu'il se passe, s'approchant de Daniel pour nous séparer.

    -Oh, quatre fois rien, Caleb, lui avais-je dis, le sourire aux lèvres en fixant continuellement Daniel. C'est juste que, Daniel, il adore ça, se faire cracher dessus. Pas vrai, Daniel ?

     

    Je m'écarte de Caleb, me détachant les cheveux, parce qu'il les aime ouais. Et j'embrasse sous ses yeux choqués la joue de Daniel.

    -Mais si ça peut te rassurer Caleb, il est bel et bien gay, au vu des nombreuses fois où ses yeux et ses mains de porc ont tâtés mon corps comme s'il n'avait jamais vu d'homme de sa vie. 

    Je donne un coup sur son cul. Il me regarde mal, je m'en branle tellement. Qu'il essaye donc de me tenir tête. Je ne suis pas comme il y a dix ans.

    Caleb nous sépare, et m'ordonne de me calmer. 

    "Tu m'expliqueras tout ça plus tard. Là, c'est nous qui sommes chez eux par infraction. Donc calme toi et..."

    BLABLABLA. Putain, Caleb, c'est quand que tu comprendras que dans cette ville de merde, tout est corrompu, même la police ? Mdr, imaginez donc monsieur Darhk (qui plus est bien apprécié par la police n'est-ce pas ?), dire aux flics au téléphone : "bonjour quelqu'un est rentré chez moi sans mon autorisation", alors qu'à côté il y a des putains de trafics d'organes de jeunes nourrissons pour des pervers assoiffés d'intestins grêles de bébés de neufs mois. 

    Il parle continuellement dans le vide. Et puis, je le vois s'approcher de Daniel, calme, posé. Il salut Leland en lui serrant la main, un air un peu gêné, et puis, il prend un mouchoir qu'il avait rapidement imbibé d'eau dans la cuisine pour lui nettoyer le visage, tel un roi assis sur son trôle, une couronne sur le haut du crâne.

    "Excusez-nous", avait-il dit en regardant Leland. "Surtout toi, Daniel", dit-il en chuchotant. Hurk; c'est quoi cette scène digne d'un magasine porno gay ? Il lui nettoie le visage, et s'avance vers moi, le regard sévère. Non mais c'est l’hôpital qui se fout de la charité, là ?

    "Nous sommes venus car j'ai oublié pas mal de trucs dans ce qui a été mon appartement, quelques années", avait-il souligné, le regard perdu et oisif. "J'ai fermement l'intention de retrouver ces quelques petites choses". 

     Il m'attrape par l'épaule et me met à côté de lui, comme pour essayer de me dire "je sais qu'il t'en a fait baver, mais je t'expliquerai tout plus tard je te le jure". Mais désolé Caleb. C'est pas ton beau sourire, ta belle face et ton beau p'tit cul qui me feront changer d'avis. Daniel est une merde, et il restera toujours une merde.

    Mais je souris, fier comme un coq. Je regarde Daniel, et je m'approche bien de Caleb. Je ne sais pas s'il l'aime aussi, mais on ne sait jamais; autant attaquer de partout. Je me colle à Caleb qui ne me repousse pas, il doit sûrement croire que j'en ai besoin, là maintenant, de suite. Pauvre Caleb. T'es vraiment trop mignon pour cette ville de malades mentaux. 

    Vendredi 12 Juin à 18:29
    Yayaaa

    [Daniel]

    J’ai glissé l’arme dans la ceinture de mon pantalon, en le cachant sous mon tee-shirt. Ce petit pistolet, hein. Je me rappelle que la première fois que j’ai tiré, j’étais loin d’être fan. Je tremblais, j’avais super peur. Mais, plus on s’en servait, plus ça devenait facile. Plus on avait du sang sur les mains, moins c’était dérangeant. Mais je n’aurais pas celui de Caleb, sûrement pas.

    Leland s’est penché vers moi, pour me chuchoter.

    "-C’est quoi ce bordel ? Je savais pas qu’ils étaient au parfum..."

    "-Nan, ils ne le sont pas."

    D’ailleurs, je ne reconnaissais qu’un visage sur les deux. C’était qui l’autre gars ? Je croise les bras, en attendant clairement des explications. Pourquoi mon appartement est retourné ? Pourquoi Caleb se tape l’incruste avec un mec que JE ne connais pas ? Dans MON appart ? 

    Mais qui lui, à l’air de me connaître. On se connaît ? Possible. Je regarde l’inconnu, qui lui semble outré de ma présence. Et oui, je faisais souvent cet effet-là. Un parasite, la pestilence. Ça me va. J’étais pas là pour me faire des copains, de toute façon.

    Et il a l’air de m’avoir en horreur. Ooohhh attendez, laissez-moi deviner. Je lui ai fait vivre un cauchemar il y a des années et du coup ça l’a transformé et bla-bla-bla. Et du coup il me déteste comme à peu près la MOITIÉ DU QUARTIER OUI. Bref, c’est la routine. J’ai vu certaines de mes victimes mieux tourner que lui.

    "-T’es qui toi ?"

    J’entends Leland pouffer derrière moi. Je le regardais alors, mon regard voulait tout dire. Mais bon, Leland n’avait pas peur de mon courroux, bizarrement. Je trouvais ça bizarre, oui. Mais bref.

    "-Attends, tu te rappelles pas ? C’est Or."

    Or ? Or. Or. Hmm...Or ? Attends, genre. Or ? Pffff...Okay, soyons honnêtes. Je m’en rappelle vaguement. Vous savez, la perte de souvenir typique de Desmios. Mais dans mes souvenirs, je crois que je lui ai fait vivre un enfer non ? 

    "-Vaguement."

    Ouais, vaguement de ouf. Je ne sais plus trop qui c’était. Et peu importe les merdes que je lui ai fait vivre, je ne m’excuserai pas. Mais Leland avait l’air de mieux s’en rappelait que moi, alors si jamais je cherchais à m’intéresser à lui, je saurais bien à qui demander.

    J’ai pas tout de suite réagi quand il...Est-ce que cet enfoiré de mes deux vient de me cracher à la gueule ? Est-ce que ce gentil petit con venait vraiment de me cracher à la gueule ? Je l’ai dévisagé du regard, en rigolant.

    Ah ouais ouais, je vais l’enculer. 

    J’ai violemment attrapé son haut d’une main, tandis que de l’autre main j’attrapais mon cran d'arrêt, dont je pointais la lame froide pile sur son petit abdomen. J’avais un vilain petit rictus sur le visage. Je n’étais sincèrement pas d’humeur là.

    "-Bizarrement, j’ai bien aimé. Recommence pour voir, on va bien se marrer je crois."

    "-Wowowow, calme Daniel !"

    Et regardez-le Leland, ce héros qui m’attrape par le bras pour me décaler. Non mais. Tu fous quoi frère en fait ?Reste en arrière non. 

    "-Le sang sur du parquet, c’est chiant à nettoyer..." ajouta Leland en riant.

    Wow, ce mec. C’est un putain de cas. Il se fout de ma gueule, vraiment. Mais il a raison. J’ai pas besoin de ça en ce moment. Alors j’ai rangé le cran d’arrêt. Eh bien...C’était des retrouvailles...Mouvementées.

    "-Tch."

    Bizarrement, j’ai réussi à contenir mon calme lorsqu’Or s’est de nouveau retrouvé trop tactile avec moi. J’ai pas la patience, là. Vraiment. Pas. 

    J’ai regardé Caleb. Sans rien dire. Mon regard n’en disait pas long. J’avais plus envie de m’énerver contre lui. J’avais compris. Il a changé, ce n’est plus le même. Très bien. 

    "-...Garde ton chien en laisse, Caleb."

    "-Vous auriez dû me prévenir, j’aurais ramené du popcorn."

    Je soupire. Leland était comme ça, toujours à essayer de calmer le jeu. Sauf qu’il n’y avait rien à calmer. Je voulais passer outre tout ça, et je me sentais suffisamment touché par ce qu’il se passait pour ne pas avoir envie d’enflammer les choses pour rien.

    Au début, lorsque Caleb s’est approché de moi, je n’ai pas bronché au début. Bon, c’était mieux que rien....Mieux que quoi ? Ah ahah, je suis en train de délirer là.  Ça suffit. Je n’avais pas besoin d’être chouchouté. 

    J’ai doucement pris son poignet, pour le décaler de mon visage. Je n’ai rien d’un prince, j’ai pas besoin d’être dorloté. Il était hors de question que je laisse ça arriver. Venant de Caleb, ça me faisait juste trop mal. 

    Le regard désintéressé, oui. Pas dur. C’est bon, j’avais compris avec Caleb. J’avais été un enfoiré, okay. Très bien. Enfoiré, c’était mon deuxième prénom. Et combien même il ne méritait en aucun cas mon dédain. Je refusais de laisser s'immiscer de quelconques marques physique. En fait ça me rendait un peu fébrile cette histoire. Et maintenant, quand je voyais Caleb, je n’avais même pas envie d’être le bâtard que je suis. J’avais juste envie de passer à autre chose. Lui il l’avait fait, il me l’avait bien fait comprendre. 

    "-C’est bon. Fais ce que tu as à faire, Caleb. Je m’en fous. Préviens juste la prochaine fois."

    C’était pas vrai, je m’en foutais pas autant que je le fais entendre. Mais je refusais de faire paraître autre chose. Je préférai me taper dix round de suite avec des tueurs. Il était devenu un autre, quelque chose d’autre. Et moi je n’avais pas changé, voilà tout. Les chiens ne font pas des chats, c’est bien connu pourtant. Et donc, Caleb ne fait pas Daniel. Personne ne faisait Daniel. C’était une histoire à sens unique, qui était voué à ne mener nul part. 

    "-Bon, sur ce. Caleb."

    Puis je regardais Or. Ahaha, Caleb a changé de bord apparemment.

    "-Petit chien."

    Je le disais sur un air de salut, avant de continuer mon chemin dans le salon qui était retourné. Leland me suivait, en disant salut aux deux. Il pouvait bien faire ce qu’il veut, Caleb. Moi, je laisse tomber. Je ne veux pas gaspiller de l’énergie pour quelqu’un d’autre que moi.

     

    Vendredi 12 Juin à 19:02
    Mégalo2

    Je[Caleb]

    -Putain, Or, t'es sacrément con, lui chuchotais-je. Je t'aime bien, mais il est amnésique. Et je m'excuse à sa place s'il a fait de la merde.

    Or s'est mis à pouffer. Il en avait visiblement rien à foutre.

    Je voyais toute cette haine débordante, Daniel avait repris ses habitudes. Je soupirais, et puis, Leland était visiblement le seul à être calme et posé dans tout ce bordel.

    -Attendez !

    J'ai fermé la porte. J'ai dégluti. Je venais de mentir à Daniel, alors qu'en réalité, mais y il avait quelqu'un (Leland) qui pouvait potentiellement lui faire changer d'avis. D'avis sur quoi ? Et bien, réfléchir sur le fait de connaître ENSEMBLE son passé. Je me sens un peu héros d'une série incroyablement nulle sur Netflix, là, en disant ça comme ça, mais bon.

    -Je... Heu... Leland, et, mon vieux ! Faut que je te parle d'un truc, tu peux venir faire un tour avec moi ?

    Or me dévisage, Daniel bug comme un putain d'ordinateur des années 60 vendu sur WISH, et moi, je transpire ma race : putain j'arrive pas à mentir. Je mens à tout le monde depuis ce matin. 

    J'attrape Leland par le bras, et je souris de gêne face à Daniel.

    -Je te le vole quelques minutes, vous avez visiblement pleins de trucs à vous dire, Or et toi !

    Je jette un regard à Or, et je tire ma joue avec un doigt, vers le bas : attention, Or. J'imite l'égorgement, il a intérêt à m'écouter. 

    Or allait me retenir, mais je claque la porte. Je prends Leland avec moi, je soupire.

    -Mec, je sais pas mentir, je cherchais pas mes affaires; pitié j'ai besoin d'aide, je fais un truc de fou, j'ai horreur de foutre un bordel immense surtout devant Daniel, en plus ça fait un bail que je ne l'ai pas vu, il doit me prendre pour un malade mental. Tu peux m'aider s'il te plait ?

    Je ressemble à un adolescent en pleine puberté qui demande à son pote d'aller voir un crush pour lui dire que je l'aime. 

     

    -------------------------------------------------

    [Or]

    Je soupire. Caleb abuse, là. Me laisser avec cette grosse merde, dans sa maison, et en plus il venait de ME toucher.

    -Putain mais pitié. On fout quoi là ? 

    Je fais les cent pas, chez lui, sur son sol. Je respire le même air que lui. C'est répugnant.

    Je m’assois sur SON canapé, après avoir prit le thé que j'ai préalablement fait chauffer dans la cuisine avant l'arriver de ce truc.

    Alors comme ça, Daniel perdait la mémoire ? C'est vrai, à Desmios, les gens ont tendance à oublier leur passé. Pas moi, en tout cas. Donc je sais ce que cette merde a fait.

    -Putain, incroyable. 

    Je déguste mon thé, de manière la plus dévergondée possible. Au préalable, j'en fais tombé sur son lit. Je suis vraiment la pire des salopes, quand il s'agit de provoquer les gens. 

    - Tu me retouches encore une fois. Et je te bute. Tu comprends ça, p'tit enculé ? Avec ton pauvre couteau à la con. Tu croyais faire peur à qui ? 

    Je me mets à rire. Qu'il aille se faire foutre, qu'il crève même sous mes yeux; je ne l'utiliserai même pas comme serpillière. 

    Vendredi 12 Juin à 19:51
    Yayaaa

    [Daniel]

    Oui, j’essayais d’éviter une conversation que je savais complexe. Je ne parlais pas de ce que je ressentais, sûrement pas. Et okay, peut-être, j’étais probablement perdu vis-à-vis de ce que je pensais de lui. Alors quitte à faire ça, je ne préférais ne pas penser du tout. J’avais un objectif à atteindre, j’allais y parvenir. Voilà tout, et après je reprendrais le cours de ma vie. Si tenté que je puisse reprendre le cours de ma vie un jour. Alors j’allais juste faire abstraction de Caleb.

    Sauf si Caleb m’empêchait de faire abstraction de lui. Je m’arrête lorsqu’ils nous barre la route. Je voyais pas vraiment ce qu’il y avait à dire, à faire même. Je crois qu’on a épuisé tout les sujets de conversations possibles, lui et moi. Et puis je vois pas comment ça pourrait se finir après l’épisode de la dernière fois. 

    J’ai ricané mauvaisement en l’entendant, Caleb. Je ne sais pas si je rigolais parce que j’étais outré par la situation, ou parce qu’il venait de me piquer Leland alors que putain j’avais besoin de lui ? Et en plus, il me laisse avec son petit chien là ? Je ne me rappelle avoir dit que je gardais les chiens.  Et surtout, il ne sait pas mentir. Non mais sans déconner, on dirait la prestation d’un acteur dans une série pour adolescent. Passablement intéressante.

    Eh bah très bien. Je vais errer dans les couloirs de MON APPARTEMENT pendant qu’ils ont un brin de causette, hein. Je m’assois confortablement sur la table de la salle à manger, en tailleur posé.

    Or ? J’ai rien à lui dire. Et puis je ne parle pas le chien. Par contre, lui il était paré, la vache. Il était en train de me recracher toute sa haine -ça me passe au dessus, j’en ai rien à foutre qu’il me déteste il n’était pas le seul.

    J’ai un peu pouffé en l’entendant. C’est qu’il aboie fort le chien dis donc. Bouh, ce que j’ai peur. Et puis, oui. Il n’avait qu’à me buter, aussi. Par ça je revivrai la super aventure de Daniel l’immortel 2.0 super fun. Avec un peu de chance cette fois je sortirai de mon cercueil que dans dix ans.

    —————————————————

    [Leland]

    Okay, je crois que je viens de me retrouver entre deux forces trop grandes pour moi. Un peu comme la guerre froide, vous voyez. L'équilibre de la terreur. Uh, Daniel et Caleb me rendait nostalgique de la guerre froide. 

    J’ai été pris contre mon gré, pour une raison que j’ignore complètement. Et cette raison s’avère...Oh mon dieu. 

    "-Dites-moi que je rêve..."

    Je pouffe un peu, en entendant ses propos. Caleb, t’es pas sérieux frère. Tu m’as pris pour un psy ?...Okay, j’en étais un. Mais j’étais pas un intermédiaire. Et surtout pas pour ça. Non mais.

    "-T’es pas en train de me demander des conseils conjugaux entre toi et Daniel ? Pitié."

    Bah bien sûr, évidemment qu’il était en train de me demander de l’aider à conquérir Daniel. Je le regarde, les bras croisés. Je suis trop con, potentiellement suicidaire parce que oui putain ok je vais l’aider. 

    Je soupire. Leland, mon vieux. T’es un abruti d’une rareté. 

    "-Qu’est-ce que tu veux que je fasse ?"

    Vendredi 12 Juin à 20:12
    Mégalo2

    [Caleb]

    Je soupire. Je suis en train de réfléchir, à comment lui dire "salut, je veux fouiner dans la vie de Daniel, ça te dit de m'aider ?"

    Et puis, il devait se demander pourquoi je lui causais. Je lui causais pour pleins de trucs. De une, parce que je suis fou amoureux de Daniel. De deux, parce que je ne peux jamais l'oublier, c'est peine perdue. De trois, parce qu'avec toutes les conneries que j'ai faites en deux ans, je ne peux pas m'arrêter en si bon chemin. De quatre, parce que Or en a gros sur la patate et qu'il doit tout me dire. De cinq, parce que... Parce que... Parce que je le veux.

    - Leland, je. Je.

    Je soupire. Je suis stressé, j'ai mal au cœur et à la tête. Il pense quoi de moi, Daniel ? Il me trouve sûrement débile. Mais je suis débile, en fait. Je transpire la débilité, je transpire le mal-être. 

    -Je veux savoir ce que Daniel a vécu. Je l'aime, et je n'arrive pas à l'oublier. Je te demande pas de m'aider à le conquérir, c'est sûrement mort; mais, je veux l'aider. 

    Vendredi 12 Juin à 20:36
    Yayaaa

    [Leland]

    Daniel avait son charme. Oui, je comprends, okay. C’est le style ténébreux dangereux qui doit faire son effet, j’en sais rien. Je l’ai toujours vu comme un mec, comme un pote récemment. J’essaie de l’aider dans ce bordel de résurrection incompréhensible.

    Et maintenant, j’allais éventuellement aider Caleb, ci-présent. Pour qu’il puisse montrer à Daniel qu’il avait de la valeur. Bordel de merde, si je n’étais pas en train de m’enfoncer dans un bordel sans nom...

    Même si je comprenais pas l’amour que Caleb portait pour Daniel. Soit. 

    "-...Il voudra jamais que tu l’aides, Caleb. Je le vois déjà tourné les talons rien qu’à l’idée."

    Ouais...Daniel, une fois que tu le cernes, ça va. Il y a moins de mauvaises surprises.

    "-Mais que veux-tu. Pourquoi pas ? Dans le pire des cas je suis voué à mourir pour votre mission suicide. Je lui parlerai, fin j’essaierai."

    Vendredi 12 Juin à 20:58
    Mégalo2

    [Caleb]

    - Ok. Ok. Je tenterai de... D'arranger les choses aussi.

    Je ne pouvais pas rester très longtemps avec Or. Avant de rentrer dans l'appartement, je sors mon carnet de mon sac, et un stylo. Je m'assieds en tailleur, Leland me fixe. Il se demande ce que je fous.

    Daniel, je lui ai souvent parlé, grondé; nous avons discutés et gueulés, en vain. Je suis sûre que tout ce que je lui ai dit, il le retient. Que ça retentit au fond de lui, même s'il ne l'admet pas. Il ne m'aime pas, c'est sûr. Mais soit. Tant pis, je l'aiderai, je l'aiderai parce que je ne peux pas le laisser se perdre dans cette fosse énorme qu'est Desmios. Alors je tente. Je tente une dernière fois de lui communiquer mes sentiments, en priant le Seigneur qu'il puisse au moins être sensible à certains mots.  Dieu, fais en sorte que cela le touche, pitié. Pitié. Pitié. Pitié. Pitié, Dieu.

    Je me mets à écrire. 

    "Daniel, 

    J'espère que ces derniers mois t'ont aidé à oublier ce qui s'est passé entre nous. 

    J'espère que, tu ne m'en veux pas, que tu ne m'en as jamais voulu, et que tu ne m'en voudras jamais.

    Excuse Or aussi, qui me choque de la même manière que toi : je ne le connaissais pas si bavard et si haineux. Je ne pensais même pas qu'il te connaissait. Ne m'en veux pas, s'il te plaît.

    Tu me manques, Daniel. Je t'aime, d'un amour dont tu ne peux imaginer la grandeur. Je parle beaucoup, c'est vrai, et je m'en excuse; c'est dans ma nature. Tu as sûrement pris cette habitude à lever les yeux au ciel dés que je m'adresse à toi. Mais les mots, je n'ai que ça, pour t'exprimer ô combien je suis amoureux de toi.

    Je n'attends rien de toi en échange. Vraiment rien. Je ne te souhaite que du bonheur, avec une personne heureuse, qui puisse te nourrir continuellement dans cette joie constante que tu mérites pour l'éternité. Fais juste attention à toi, et n'oublie jamais notre amitié. Je serai toujours là pour t'aider, pour le meilleur et pour le pire. A la vie, et à la mort. 

    Je t'aime, 

    Caleb."

    Je donne cette lettre à Leland. Je lui dis de ne pas la lire, en espérant qu'il respecte cette demande. Je lui dis à qui est destinée cette lettre médiocre, il est pas étonné.

    Je rentre dans la pièce, je regarde Or. Je vais vers lui, lui demandant de partir avec moi. Nous faisons. 

    Avant de sortir, je jette un regard à Daniel. 

    - On se reverra. 

    Et je ferme la porte, doucement, remerciant Leland pour sa gentillesse. 

    Quant à Or, il a intérêt à tout m'expliquer. Parce que là. Là...

    Vendredi 12 Juin à 21:20
    Yayaaa

    [Leland]

    J’hoche la tête. J’étais un peu...Là cinquième roue du carrosse dans toute les histoires débiles et connes dans lesquelles je me retrouvais.  Ce n’était pas si grave, d’être le second couteau. Au moins on ne risquait pas grand chose.

    J’hausse un sourcil lorsqu’il s’assoit. Mais ? Qu’est-ce que qu’il fait ? C’était pas le moment de te mettre à écrire des chansons d’amour mon vieux...Il va falloir se ressaisir, et d’urgence. Mais je ne disais rien de plus, je me contentais d’attendre. Bah oui, il faut attendre. Des fois je me demande comment je me retrouve dans ce genre de situations. 

    Bon, une fois qu’il termine, on retourne à l’intérieur, dans le plus grand des silences. C’était court mais intense, ces mini-retrouvailles. Mais si on pouvait éviter les ambiances de morts à l’avenir, ça m’arrangerait. 

    Je retourne auprès de Daniel, l’air de rien. Son regard me questionne, mais laisse tomber. Dans quoi je me fourre, encore...

    Daniel avait récupéré la lettre, mais il ne l’avait pas lu. Il semblait impassible, il ne l’était pas. Je ne crois pas.

    "-Caleb."

    Qu’est-ce que je vous disais.

    "-...Fais gaffe à toi."

    Puis il était parti, en m’appelant. Il voulait probablement pas que Caleb réponde, je sais pas. Mais en tout cas nos routes ont bien l’air de se séparer là.




    Vous devez être membre pour poster un message.