• Résolu Partie 7 [Camilo x Graham]


    Samedi 24 Avril à 18:13
    Corrosif

    [Graham]

    Je regardais le crépuscule se mettre en place, doucement, lové dans mon blouson. J'avais les bras et les jambes engourdies à force de ne pas bouger. C'était comme dormir les yeux ouvert, excepté qu'on était encore conscient, juste pas réactif. J'étais allongé sur le sable, de la musique dans les oreilles pour brouiller tout ce qui se passait autour. Enfin, de toute façon, à part la mer, il n'y avait jamais rien d'autre, pas durant cette période de l'année et encore moins dans ces horaires là.

    J'avais les yeux rougis par les larmes, et un peu de sable soulevé par le vent aussi. De loin, on aurait pu croire que je n'étais qu'une petite tâche noire, proche de l'eau sans pour autant me risquer à la voir venir jusqu'à moi.

    C'était compliqué de penser durant ces moments là. Déjà parce que je n'avais pas la tête à ça, et que pour garder le nez hors de l'eau il fallait bien que je m'empêche de me glisser des bâtons dans mes propres roues. Et pour ça, mieux valait ne pas réfléchir. Alors, pour se faire, venait la deuxième raison : la musique et le son. Des écouteurs enfoncés dans les oreilles, et la musique réglée sur un volume plus que nécessaire. Après certain épisodes, il m'arrive d'avoir de belles migraines et des acouphènes catastrophiques. Je n'entendais rien, pas même la musique réellement parce qu'elle devenait désagréable elle aussi. C'était comme se noyer, sans avoir les poumons endoloris.

    Samedi 24 Avril à 19:08
    Yayaaa

    [Camilo] 

    J'ai prévu le coup cette fois : je suis passé chez moi prendre un petit manteau. Ça ne m'avait rien pris, mon loft était sur le chemin. Et si je devais rester longtemps sur la plage, il fallait que je sois paré. 

    J'ai fermé la portière de la voiture, cherchant le moindre signe de Graham sur la plage. J'espérais de tout mon coeur qu'il soit ici, parce que sinon deux possibilités se présentaient sous mes yeux. La moins pire des deux supposaient qu'il soit resté chez lui, tandis que l'autre ne me laissait que cette crevasse dont il me parlait. 

    J'ai un peu pressé le pas. Ça se trouve il s'était noyé et moi je n'avais pas été là pour lui, alors que je lui avais promis. Mon ventre se tord dans tous les sens à cette pensée. Je craignais si fort d'avoif failli à ma promesse, que je me suis presque mis à courir, et il était là. Le poids de ma poitrine s'est libéré. Il est là, il va bien.

    Je rejoignais la berge, mes pieds s'enfonçant dans le sable à la seconde où je les pose. Puis, je me mettais devant le champ de vision de Graham, pour qu'il me voit. 

    Ses yeux étaient tellement rouges que je n'arrivais presque plus à discerner la pupille du reste. Oh, il était dans un état qui me brisait le coeur.

    “-Mon grand...?”

    Samedi 24 Avril à 19:16
    Corrosif

    [Graham]

    Je suis resté immobile un moment, les yeux rivés sur l'étrange petit chose qui venait de se pencher au-dessus de moi. Il m'a fallu un moment pour réagir, retirant d'une main un écouteur et laissant l'autre se tendre dans les airs, à sa portée.

    " - Salut Camilo." lançais-je

    J'avais un sourire soudain si large que mes joues me faisaient presque mal, et que mes yeux se fermaient. J'en ai profité pour m'étirer, me laissant peu à peu revenir à moi-même. Ma main libre se pressait ensuite sur mon visage, pour essuyer mes yeux. Je sais que je lui avais dit de venir ici au besoin, mais je n'avais pas imaginé qu'il viendrait. Pas aussi tôt non plus. Rapidement, mon sourire s'est défait petit à petit, comme on défait une couture maladroitement. Le visage de Camilo était comme ceux de tous les autres : inquiet et confus face à la situation. Eh, ça veut dire qu'il va y avoir des questions.

    Je me suis collé davantage contre le sable, appréciant la soudaine vitalité qui revenait peu à peu dans mes membres. L'immobilité et le froid n'avait rien épargné. J'étais pâle, si ce n'est pour les joues qui avaient rougies avec la fraicheur - et un peu de la soudaine apparition de Camilo.

    Samedi 24 Avril à 19:34
    Yayaaa

    [Camilo]

    J'ai sourit un peu pour lui, et pour son sourire qu'il m'adressait. Et sa voix qui émergeait, que j'appréciais entendre aussi. Oh, j'avais réussi à le ramener les pieds sur terre au moins, et tant que je pouvais faire ça, je pouvais toujours l'atteindre. C'est ce qui me rassurait. 

    Je le regardais, en me demandant depuis combien de temps il était reste ici tout seul, face à la mer, sans en informer personne. Je m'asseyais sur le sable à mon tour, à côté de lui, à m'emmitouffler dans mon propre manteau pour qu'il me protège du froid.

    “-Je suis allé au restaurant, pour te voir. Et ton ami m'a dit que ça faisait longtemps que tu n'étais pas venu. Je suis content que tu sois là, parce que sinon j'avais aucun moyen de savoir si tu allais bien, ahaha.”

    Je rigolais, mais j'ai un peu flippé quand même.

    Samedi 24 Avril à 19:41
    Corrosif

    [Graham]

    J'ai lâché un râle en essayant de me relever pour m'assoir à côté de lui. Mes pauvres bras avaient cette sensation de fourmillement. Une fois assis, je ramenais mes jambes contre moi en tailleur, tout en éteignant les écouteurs qui continuaient à hurler dans le vide. Je fixais mon portable et le câble dans ma main, pensif.

    Oh, alors c'est Ledger qui l'a envoyé là ?

    J'ai tourné mes yeux vers lui, en pleine réflexion. Je ne savais réellement pas quoi dire. J'étais content de voir Camilo après tout ce temps, c'est vrai, mais la peine qui m'affligeait jusque là rampait toujours à côté et je ne pouvais pas non plus l'ignorer ou faire semblant complètement.

    J'ai soupiré, avant de glisser ma main dans ma poche, et d'en sortir une lettre ouvrte et froissée. Je l'ai déposé, pour toute réponse, sur les genoux de Camilo. C'était de Russo, pour moi. Je ne travaillais plus là-bas désormais, et ce n'était pas de mon ressort.

    " - Je l'ai reçu hier."

    Samedi 24 Avril à 20:34
    Yayaaa

    [Camilo]

    Je ne savais pas s'il voulait me parler de ça. De lui, de l'état de ses yeux, de son teint blême sur la mer de sable. Ça m'allait s'il ne faisait pas, mais s'il en décidait autrement je serais plus que ravi de l'écouter bien entendu. La mer avait l'air de le bercer dans des monologues, et par chance c'était toujours moi qui était là quand il commençait à me parler de ses peines. Même si ce n'est arrivé qu'une seule fois.

    En apercevant le mouvement du côté de Graham, je me suis tourné vers lui. Comme réponse silencieuse, il m'avait déposé une lettre. Qu'est-ce qu'une lettre avait à faire dans tout ça ? À continuer comme ça j'allais vite le savoir. 

    Je lui lançais un regard interrogateur, mais il regardait dans le vide, ne sachant plus quoi faire. J'ai ravalé ma salive, sentant le stress venir un peu plus. C'était sérieux à ce point ? 

    J'ouvrais doucement la lettre, appréhendant ce que j'allais y trouver. 

    Je n'ai lu que le motif, qui écrivaient en lettre grasse: “Notification de licenciement”. Des mots secs, qui m'ont tout de suite fait comprendre pourquoi il n'était pas là. Il n'avait prévenu personne d'autre que la mer.

    “-Oh, Graham...”

    Samedi 24 Avril à 20:40
    Corrosif

    [Graham]

    J'ai levé la main rapidement, d'un mouvement sec et bref pour l'arrêter.

    " - Non, ce n'est rien."

    Je n'étais pas triste vis-à-vis de ça. En fait je crois que je ressentais surtout de l'apathie. Je pouvais toujours cuisiner, et voir Ledger quand le coeur y était. Alors je n'avais de toute manière plus rien à faire là-bas.

    " - C'est de ma faute, je n'y suis pas retourné."

    Je n'y suis pas retourné après ce qui s'était passé. Pour le coup, je ne savais pas non plus si notre ancienne discution, et la situation, avaient été les éléments déclencheurs. Je ne savais pas réellement comment je me sentais actuellement, je laissais surtout les sentiments aller et venirs sans les combattre. Je n'y suis pas retourné, et je ne les tenais pas responsable d'avoir licencié quelqu'un comme moi. C'était entièrement de ma faute. Je ne pense que pas que je le regrette pour autant. Je ne sais plus trop, de toute façon.

    " - Je n'ai pas encore chercher pour trouver autre chose. Il me reste suffisamment d'argent pour vivre tranquillement à côté. Du coup je ne suis pas à plaindre."

    En réalité, ce n'était pas comme si je dépensais - surtout durant mes épisodes où me nourrir était une profonde galère. De plus, l'argent mis de côté était tout ce que j'avais amassé pour mes jetons, et rien d'autre, et m'empêchait de dépenser davantage. Bien sûr, j'y serais contraint à un moment donné, pour éviter de mourir quelque part.

    Samedi 24 Avril à 21:20
    Yayaaa

    [Camilo]

    Je ne voulais pas le prendre en pitié, mais je ne pouvais pas m'empêchait de penser que j'avais peut-être, éventuellement quelque chose à voir dans son licenciement. Je me munissais de la lettre, la lisant un peu plus en détail. Abandon de poste, insuffisance au travail...

    Je fronçais un peu les sourcils, ne savant que faire des informations que j'assumais devant mes yeux. Est-ce que c'était vrai ? Je ne voulais clairement pas lui poser la question maintenant, pas dans l'état dans lequel il était. 

    Je déposais la lettre sur le sol, en le regardant dans les yeux.

    “-Je suis désolé quand même.”

    Même si ce n'est pas ce qu'il ne voulait  entendre. Et je ne disais plus rien, à perdre mon regard au niveau de la mer. J'espérais qu'il me laisse rester avec lui, même si je ne peux rien faire pour atténuer... Peu importe, ce qu'il était en train de vivre.

    Samedi 24 Avril à 21:27
    Corrosif

    [Graham]

    J'ai froncé les sourcils en l'écoutant, tournant mes yeux vers lui.

    " - C'est une décision que j'ai pris moi-même tu n'y es pour rien."

    Enfin, décision, c'est un bien grand mot. Tout ce que je pouvais faire c'est bouger jusqu'ici et revenir quand je n'en pouvais plus. C'était étrange, de se fatiguer en restant immobile toute la journée.

    " - J'aime pas quand tu fais cette tête."

    Je l'ai peut-être lâché trop vite, de manière spontanée, ue mes joues se sont reteintés de rouge. J'ai finis par baisser mes yeux sur la lettre, avant d'hausser les épaules.

    " - Hm, si tu comptes chercher l'adresse, ce n'est pas la mienne."

    S'il comptait garder précieusement chaque information qui lui passait sous le nez il serait surpris. Je ne donnais jamais réellement mon adresse. Je donnais celle de la vieille dame que j'appréciais et qui me laissait l'utiliser administrativement. Ensuite je venais récupérer le courrier chez elle religieusement. Elle est adorable. En fait elle me rappelle un peu Camilo. Gentille, douce et posée, généreuse et maternelle. Sauf que Camilo avait la jeunesse et le physique en plus.

    Samedi 24 Avril à 22:05
    Yayaaa

    [Camilo]

    Je fixais la mer, me plaquant du mieux que je pouvais contre la texture de mon manteau quand le vent soufflait un peu trop fort contre moi. 

    “-Non, j'essayais de...Comprendre.” 

    J'ai pas eu la chance de côtoyer le monde du travail très longtemps. En fait, dans la même période où j'ai commencé à dériver, je travaillais à mi-temps chez un fleuriste. J'aimais bien la boutique, et le fleuriste n'avait rien de la bonne joie de vivre. Il avait essayé de m'aider, mais c'est pas comme s'il en avait quelque chose à faire. S'il aurait pu m'aider sans se fouler, il l'aurait fait. Il ne devait pas suffisamment tenir à moi pour m'empêchait de faire ce que j'ai fait. 

    “-Mais si tu ne veux pas parler de ça, n'en parlons pas. On n'est même pas obligés de parler si tu ne veux pas.”

    Juste laisse-moi rester là, comme une force de soutien inutile.

     




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